Comment les psychoses éclairent la fin de l'analyse

AVANT-GOUT…
Après Aurélie Pfauwadel, nous avons le privilège pour notre dernière conférence de l’année, et avant la Journée +1 du 6 octobre, de recevoir Fabian Fajnwaks. A nouveau donc, nous allons écouter un Analyste de l’Ecole pour un témoignage de son expérience de passe. Dans cette expérience originale, hors des standards, nous allons entendre l’après-coup d’une analyse qui se finit.
Cette question de la finitude d’une analyse fut l’une des pierres d’achoppement majeur de la théorie psychanalytique car la formation du psychanalyste y est engagée. Freud lui-même fut divisé en ce point. Ainsi, bien qu’il recommande à l’analyste dans analyse finie et infinie, de reprendre périodiquement une tranche d’analyse, Freud affirme dans le même temps que la « terminaison d’une analyse est une affaire de pratique. » 1
C’est avec Lacan que la psychanalyse trouvera un opérateur stable de la fin d’une analyse. Cela lui fera dire dans sa Proposition (2) que Freud a aussi voulu cet arrêt – sans en avoir alors tout à fait les appareils de pensée – pour être « le seul abri possible pour éviter l’extinction de l’expérience ». C’est dire qu’il y a dans cette finitude de l’analyse, un point d’appel à l’enseignement et à la transmission. Celui-ci se trouve au cœur même de l’expérience de passe. Ce dispositif devient comme tel l’opération par laquelle l’analyste dans sa formation fait valoir le réel en jeu pour celui qui pousse son analyse à un terme.
Sous le titre que nous propose Fabian Fajnwaks, « Comment les psychoses éclairent la fin de l’analyse », un pas supplémentaire est franchi. Il nous introduit dans l’enseignement du dernier Lacan. Il est le fruit de ce forçage, de ce traumatisme dit encore Lacan, d’une « nouvelle écriture du réel», écriture sous les espèces d’une chaine borroméenne. La psychose n’est alors plus entendue sous des modalités déficitaires. Au contraire, elle est le lieu de trésors d’invention, là aussi, hors des standards. Aussi peut-on entrevoir en ce point la portée symbolique d’une telle avancée pour l’Analyste de l’Ecole. Aussi attendons-nous Fabian Fajnwaks qu’il nous transmette ces trouvailles et « que puissent sortir des libertés de la clôture [de son] expérience »
 
Guillaume Darchy
1 FREUD S., L’analyse avec fin et l’analyse sans fin, Résultats, idées, problèmes II, PUF, 1985, p.265.
2 LACAN J., Proposition Sur le psychanalyste de l’Ecole », Autres Ecrits, Seuil, Paris, 2001, p.243-259.
3 LACAN J., Le Séminaire, Livre XXIII, Le sinthome, texte établi par J-A Miller, Seuil, Coll. Champ Freudien, Paris, 2005, p.131.
4 LACAN J., Proposition sur le psychanalyste de l’Ecole, op. cit., p.255.
Comment les psychoses éclairent la fin de l'analyse

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