Après-coup : Conférence P. Lacadée

Nous remercions chaleureusement Philippe Lacadée, psychanalyste, membre de l’ECF, pour sa conférence remarquable autour de Robert Walser et d’une adolescente accueillie en hôpital de jour, deux parcours singuliers dont il a su faire entendre, pour chacun, « Un lieu pour écrire la formule de sa vie ». À travers Walser, ses microgrammes, son « territoire du crayon » et cette formule bouleversante ; « être un ravissant zéro tout rond », nous avons découvert comment l’écriture peut faire asile, soutenir un corps, traiter l’intrusion du langage et ouvrir un espace de « singulier bonheur ». Walser rendait la lettre illisible, « dénouée du sens susceptible de valoir pour le réel ».

Le témoignage autour d’Aube fut tout aussi marquant : écrire pour « soigner la lettre », une formule venant au secours de son être. Le désordre auquel elle avait affaire témoignait de ce « désordre au joint le plus intime du sentiment de la vie » dont parle Lacan. Séparer les mots, mettre de l’ordre là où le langage fait effraction, lui ont permis de construire un bord entre elle et l’Autre.

L’écriture y apparaît non comme simple expression, mais comme un appui concret pour habiter le monde, consentir peu à peu à la parole de l’Autre. Nous avons pu saisir la fonction de la lettre comme « élément de jouissance de son corps », mais aussi comme lieu possible de séparation et de construction d’un espace vivable pour le sujet.

Un enseignement précieux qui nous invite à être attentifs aux inventions singulières de chacun, à la formule propre à chacun traçant un style de vie, plutôt qu’à réduire la clinique à une logique déficitaire ou comportementale. Nous avons été ravis d’apprendre la future parution du livre « Stefan Zweig, L’ombre et le réel du corps vivant » de Philippe Lacadée, aux Éditions PUR, et nous nous réjouissons de le découvrir au second semestre 2026.
Après-coup : Conférence P. Lacadée