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Traumatisme et symptôme dans l'enfance. Comment les aborder ?

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Le traumatisme connaît aujourd'hui un réel succès, il fleurit dans les discours. Essentiellement afin de rendre tolérable « l'inexplicable », de tamponner ce qui heurte l'entendement. Trois raisons à cela.

Le traumatisme est un terme qui raconte la rencontre, la mauvaise. Potentiellement à risque, dangereuse, elle suppose un Autre inamical voire franchement hostile. D'où l'invitation pressante qui nous est faite d'adopter l'idée d'une menace permanente en surplomb de nos existences.

Une deuxième raison renvoie à notre conception de la souffrance. Être traumatisé, c'est souffrir d'une manière quasi-universelle, indifférenciée, établie selon un modèle reconnu de tous. Le traumatisme rend compte d'un « comment souffre-t-on » aujourd'hui au détriment de la souffrance qui accompagne la formation de symptôme.

La dernière raison concerne le rapport du corps au traumatisme. L'effraction, la fracture, le bris de clôture qui accompagnait jadis la notion de traumatisme faisait du corps un bastion, une place forte. La révision de cette notion conduit à une remise en question de l'idée même de limite corporelle. Scrutés, écoutés de l'intérieur, nos corps résonnent comme des chambres d'écho.

A ne pas méconnaître le traitement actuel qui est fait du traumatisme les thèses de la psychanalyse peuvent encore surprendre si ce n'est faire scandale, en particulier à rappeler la part qui revient au sujet laquelle ne saurait être réduite à celle de la victime.