Vous êtes ici : Accueil Conférences Conférences à Lille

Après-coup de la conférence de Damien Guyonnet « Les schémas lacaniens à l'ère du réseau »

Que ceux qui ont manqué de courage face à l'audacieux titre de Damien Guyonnet le regrettent en lisant ces lignes, il n'y a pas à reculer devant les schémas de Lacan, surtout à les conjuguer au temps du réseau ! C'est ce qu'il a enseigné ce samedi 30 janvier à un public tout conquis à sa cause.

Qui dit réseau dit social et donc discours, vous l'aurez deviné. Alors, si la structure de réseau est la caractéristique majeure de notre modernité, quelle place la psychanalyse peut-elle prendre dans ce contexte ? Celle qui ouvre la voie à une nouvelle clinique, la « clinique du réseau ».

Avec passion et patience, pas à pas, et ménageant son suspens, notre invité nous a guidés dans une excitante traversée de l'oeuvre de Lacan, en prenant appui sur trois de ses plus classiques schémas.

Suivant les indications de Jacques-Alain Miller, il nous a montré comment le modèle du réseau a succédé à celui de la hiérarchie. Pour définir le mode hiérarchique du lien social, il convient de partir de la psychologie des foules de Freud. Deux registres identificatoires y opèrent, et la logique qui s'en dégage est celle de la supériorité de l'idéal du moi sur l'objet. L'un vertical permet à la foule de s'identifier au leader et relève du symbolique, dans l'autre, horizontal, et imaginaire, les individus s'identifient les uns aux autres, dans leur rapport à l'idéal qu'incarne le leader.

Lire la suite...

ConferenceCAPA D Guyonnet BR

Les schémas de Lacan à l'ère du réseau

 

  Et si ces schémas aperçus dans un séminaire n'étaient qu'une étape provisoire, une sorte de cristallisation d'idées minutieusement articulées,
un nœud dans un réseau complexe loin de toute formule incantatoire, un va et vient toujours renouvelé entre clinique et théorie, entre familier et abstrait,
qui parfois flirte avec l'incompréhension, le ras-le-bol ou le plaisir. Incontestablement l'assurance d'un départ vers de nouveaux horizons.

Et s'ils font apparaître une écriture, elle ne se réduit jamais à un simple signe, une abréviation ou une sténographie.
Cette écriture a l'ambition de pointer un réel en cause pour chaque sujet : la même écriture pour tous, mais une lecture pour chacun.

Alors, si comme moi, vous faites partie des « sujets en proie à l'incompréhension mathématique, attendant plus de la vérité. 1» que la voie déductive peut produire, c'est avec plaisir que nous vous attendrons nombreux pour écouter Damien Guyonnet le samedi 30 janvier à partir de 14 h 30 à l'hôpital Saint-Vincent de Paul.

Jean-François Reix, pour la commission Conférences à Lille

1 - Lacan J., Je parle aux murs, Seuil, Coll. Champ Freudien, 2011, p. 53.

Photo C Leguil

Après-coup de la conférence de Clotilde Leguil

APRÈS-COUP


« Femme par-delà le genre : Catherine Millet, de la vie sexuelle de Catherine M. à une enfance de rêve, une trajectoire hors norme. » Une conférence de Clotilde Leguil à l'invitation des « Causeries du lundi » et du cycle des conférences de l'ACF-Capa à Lille.
Sous le signifiant de la féminité, c'est en effet une trajectoire hors norme que nous a proposé de suivre Clotilde Leguil, ce samedi 28 mars à Lille. Hors norme, cette trajectoire l'est précisément parce que, l'être d'Une femme ne s'assujettit à aucune norme. Contrairement à ce que laisse supposer l'illusion des Gender Studies ou la revendication du féminisme existentialiste du milieu du siècle dernier, l'enseignement de la psychanalyse lacanienne nous invite à « faire référence à une région de l'être, » entre corps et langage, « qui échappe » au repérage phallique.
Trajectoire hors norme et singulière, la vie de Catherine Millet l'est aussi. Elle qui dit « n'avoir jamais souffert d'être femme » fit, par deux fois, l'expérience urgente de la psychanalyse. De l'étoffe signifiante des trois romans autofictionnels, La vie sexuelle de Catherine M., Jour de souffrance et Une enfance de rêve, Clotilde Leguil, avec une grande finesse clinique, a prélevé des éléments de « conjonctures primordiales du sujet1 Catherine Millet ». Par-delà la vie de l'écrivain, elle nous a également transmis de ce qu'il en est de la voie singulière d'être femme. Point de tension nodal du fil romanesque de Catherine Millet, nous avons pu entendre de ce qu'il peut en être « d'Une femme et de son rapport à la jouissance. »

Lire la suite...