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A ciel ouvert : avant première du dernier film de Mariana Otéro

Avant premier à Lille, au Cinéma Le Majestic, jeudi 12 décembre à 20 h, en présence de Mariana Otéro.

 

LE FILM

SYNOPSIS
Alysson observe son corps avec méfiance.
Evanne s'étourdit jusqu'à la chute.
Amina ne parvient pas à faire sortir les mots de sa bouche.

À la frontière franco-belge, existe un lieu hors du commun qui prend en charge ces enfants psychiquement et socialement en difficulté. Jour après jour, les adultes essaient de comprendre l'énigme que représente chacun d'eux et inventent, au cas par cas, sans jamais rien leur imposer, des solutions qui les aideront à vivre apaisés. Au fil de leurs histoires, « A ciel ouvert » nous ouvre à leur vision singulière du monde.

FILM ANNONCE

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EXTRAITS DU DOSSIER DE PRESSE

L'ORIGINE

« Le territoire de ce que l'on nomme « la folie » m'a toujours intriguée, fascinée, voire effrayée, et en même temps j'ai toujours pensé confusément que l'on pouvait y comprendre quelque chose et, même plus, que la folie avait quelque chose à nous apprendre. Après Entre nos mains j'ai voulu me confronter à cette altérité contre laquelle la pensée rationnelle semble devoir buter.

Je me suis alors rendue dans de nombreux foyers et institutions pour « handicapés mentaux ». Au cours de ces longs repérages, j'ai découvert à la frontière franco-belge, un Institut Médico-Pédagogique pour enfants quasi unique en son genre en Europe, le Courtil.

L'idée inaugurale de cette institution est que les enfants en souffrance psychique ne sont pas des handicapés à qui il manquerait quelque chose pour être comme les autres. Au contraire, au Courtil, chaque enfant est avant tout considéré par les intervenants comme une énigme, un sujet qui possède une structure mentale singulière, c'est-à-dire une manière originale de se percevoir, de penser le monde et le rapport à l'autre. Les intervenants, en abandonnant tout a priori et tout savoir préétabli, essaient de comprendre la singularité de chaque enfant afin de l'aider à inventer sa propre solution, celle qui pourra lui permettre de trouver sa place dans le monde et d'y vivre apaisé.

J'ai donc rencontré là une manière extraordinaire de penser et de vivre avec la folie, et une institution qui met au cœur de son travail le sujet et sa singularité.

Plus généralement, j'y ai trouvé une manière d'approcher l'autre qui m'a intimement touchée et qui, je l'espère, traverse le film de bout en bout : quel qu'il soit, l'autre doit avant tout être regardé comme un mystère à nul autre pareil. »

ShameAffiche

Avant-goût de la projection-débat de SHAME

Télécharger l'affiche de la projection-débat avec P. Hellebois.

Avant-goût

Que peut-on attendre de la rencontre entre le cinéma et la psychanalyse ? Assurément pas la "psychanalyse" d'une œuvre cinématographique, pas plus qu'une critique ! Écartons donc d'emblée l'erreur commune d'une psychanalyse, qui, forte de sa doctrine, viendrait dire l'alpha et l'oméga d'une œuvre d'art.
De quoi relève alors cette rencontre ?
Pour répondre, il nous faut revenir brièvement sur la partition qu'a opérée Lacan en 1964 dans l'Acte de fondation de l'EFP1. Deux sections voient le jour. Une première dédiée à la psychanalyse pure qui vise notamment l'étude du passage de l'analysant à l'analyste et une seconde consacrée à psychanalyse appliquée, soit la thérapeutique et la clinique médicale. Convenons que nous sommes loin d'une conception où la doctrine analytique, assurée de son savoir sur l'inconscient, viendrait transpercer l'écran de la conscience pour révéler un hypothétique "inconscient" du réalisateur, ou pire, celui, pour le moins plus hypothétique encore, des personnages ! Tirons-en la première leçon : seul le sujet qui s'y prête relève de la psychanalyse, pas l'œuvre.
Inversons alors la perspective et partons de l'idée que l'œuvre questionne celui qui la regarde. Là est le véritable ressort d'une rencontre fructueuse entre la psychanalyse et l'art. En quoi une œuvre cinématographique se fait-elle le révélateur de questions propres à interroger celui pris dans sa fiction ? Lacan dira, à propos de la peinture, qu'« en tant que sujet, nous sommes dans le tableau littéralement appelés, et ici représentés comme pris »2.
À la place de la fermeture que provoquerait une application d'un supposé savoir analytique à une œuvre, c'est d'une ouverture qu'il s'agit, où la psychanalyse est mise au travail : sa doctrine s'enseigne du savoir produit par la fiction parce que celle-ci nous oblige à « ouvrir les yeux »3. Le savoir, s'il doit être localisé, est du coté de l'artiste, fut-il à son insu. L'énigme, quant à elle, est du coté de la psychanalyse4.
Aussi nous vous proposons, pour cette première projection-débat, de venir échanger avec Philippe Hellebois5, psychanalyste, membre de l'École de la Cause Freudienne, du dernier film de Steeve McQueen6, SHAME.
Parfois trop réduit à « une étude clinique précise et sans pitié »7 d'une "addiction sexuelle", ce film met en scène, dans un décor minéral, la vie ritualisée de Brandon8, trentenaire new-yorkais. La vie sexuelle du personnage y est montrée frontalement, dans toute sa crudité, sans la moindre vulgarité, ni le moindre voyeurisme. Très peu dialogué, ce film - et c'est une de ses forces - ne propose aucune explication qui nous permettrait de "comprendre". En ce sens, Steeve McQueen montre bien qu'en la matière, l'explication fait radicalement défaut.
La vie de Brandon tourne en rond donc, jusqu'au jour où sa sœur, Sissi9, vient faire effraction dans sa vie...

Jean-François Reix,

pour la Commission Conférence de l'ACF-CAPA à Lille.

 

1. Initialement École Française de Paris devenue École Freudienne de Paris.
2. J. Lacan, Le séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, p. 86.
3. C'est la proposition faite par J.-A. Miller s'adressant aux sénateurs, lors d'une audience au sénat sur le mariage pour tous et la filiation.
4. J. Lacan, Lituraterre, Autres Écrits, Le Seuil, p 13.
5. Auteur de Lacan lecteur de Gide, Editions Michèle.
6. Sorti en France en décembre 2011.
7. Le Monde du 7 décembre 2011.
8. Joué par Michael Fassbender.
9. Jouée par Carey Mulligan

confDecLebovits

Le corps en jeu : entre pseudo-réalité et nouvelles technologie

« L'homme est capté par l'image de son corps. Ce point explique beaucoup de choses, et d'abord le privilège qu'a pour lui cette image. Son monde, si tant est que ce mot ait un sens, son Umwelt, ce qu'il y a autour de lui, il le corpo-réifie, il le fait chose à l'image de son corps. » Jacques Lacan, « Conférence à Genève sur le symptôme », 1975.

Les images de corps fascinants, parfois retouchées par informatique, et qui font le tour du monde en quelques secondes ne manquent pas dans notre ère de l'information généralisée : corps à l'inquiétante perfection des top models,

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